Bluerider en hommage à Ivan.

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Ivan,
Fort d’une recommandation saumuroise, j’ai eu la chance d’intégrer votre centre de formation, situé à l’époque à Talmont Saint Hilaire en Vendée.
Fier et à la fois inquiet de rejoindre un établissement dirigé par un personnage qui représentait la quintessence du concours complet,j’arrivais maladroitement, du haut de mes dix neuf ans, équipé de mon van et de mon cheval fraîchement acheté, à cet endroit magique qu’était le ferme du Pré Danseur.
Une fois mon cheval débarqué, je tentai une manœuvre afin de garer mon van et percuta de manière définitive l’arche aux couleurs du haras qui désignait l’entrée de la propriété.
Aussitôt, je vis un personnage furieux venir me reprocher les faits que je venais de commettre. Ce fut ma première rencontre avec vous… Le constat fut rapidement établi et vous me proposez de discuter de notre désormais future collaboration. Et là, dès les premiers mots de notre conversation,vous m’apprenez que vous avez accepté de m’intégrer à votre structure,« uniquement parce qu’à Saumur, tout le monde m’a déconseillé de te prendre », «  pour moi c’est un défi ! »
A partir de là, débute un apprentissage qu’on ne peut espérer plus constructif ; vous m’apporterez  au quotidien une approche de l’équitation que je n’aurais soupçonné, à la fois technique,pédagogique, intuitive, et surtout ce regard sur les années passées et futures de votre discipline de prédilection, le concours complet, dont vous avez su m’abreuver quotidiennement d’anecdotes relatant de votre
connaissance accrue du milieu.
L’aventure aurait pu s’arrêter là, mais après quelques mois vous m’annoncez un matin que je dois partir d’urgence me charger de la gérance de votre antenne bellifontaine ; quel honneur même si j’ai rapidement éprouvé des difficultés à assumer cette tâche, votre bienveillance faisant le reste. Cet épisode m’a permis de rencontrer des personnages de renom, tel le Docteur Pradier ou encore le Major Landon ; des
étoiles pleins les yeux.
Arriva ensuite évidemment le moment de se séparer ; vous m’aviez conduit au monitorat, nous routes se sépareront ; bien sûr nous nous croisions sur divers terrains de concours, mais j’étais déjà orphelin de cette assistance technique et humaine quotidienne.
Plus tard, nous nous sommes revus lors de votre retour à haut niveau ; je fus impressionné par cette fougue qui ne vous a jamais quitté et cette rigueur inébranlable qui a fait votre succès tant à pied qu’à cheval.
Nous sommes même, je crois, devenus amis, à en croire vos passages, souvent inopinés, sur les lieux de ma nouvelle vie. Bien qu’ayant quitté le milieu équestre depuis quelques années déjà, nous conversions régulièrement par téléphone, et nous voyons à chaque fois que cela était possible ; la dernière fois, ironie du sort, c’était à « Lamotte BeuBeu », entourés d’amis, un pur bonheur. Dernièrement,vous me disiez être heureux de pouvoir accompagner Rodolphe lors des JEM au
Haras du Pin, là ou votre carrière a commencé ; rassurez vous, il a fait le boulot, et de quelle manière !
Je vous ai rencontré à une période charnière de ma vie, vous m’avez apporté des techniques équestres, cela va de soi, mais aussi des leçons de vie quasi quotidiennes et des valeurs humaines inoxydables.
Mille merci, Je vous aimais Ivan, vous allez me manquer.

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