Double Marseillaise

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Il y avait une charge émotionnelle au Pin. Lisible malgré les masques. A la foi le souvenir du drame qui s’est joué là il y a à peine un an et les résultats détonants du camp français dans la coupe de nations. Une quatrième victoire pour les bleus en terre normande et les cinq premiers du classement individuel. Circulez, il n’y a rien à voir ! La domination était claire dès le dressage et n’a fait que s’amplifier pour finir à plus de 30 points devant les Hollandais et les Grands-Bretons. Les ex-aequo ont fini par être départagés. Nous avions misé sur Birmane et nous avions eu tort. L’expérience a parlé et Qing a été plus rapide de 3 secondes. Un cross très rythmé et vraiment superbe à voir hormis un fanion un peu litigieux  sur le n°15. Christo et Karim, qui écopaient chacun d’un seconde sur le cross restaient encore et toujours à égalité de points.  Le premier, plus rapide au CSO d’un seconde a finalement pris l’avantage au pied du podium. Un podium dont la troisième marche est occupée par une Gwen ravie de son Traumprinz malgré la barre de la veille sans laquelle ils auraient pu gagner.  Comme prévu le cross n’a pas été très sélectif.  86% des couples l’ont bouclé et 80% l’on fait sans incident. Les quelques déraillés se sont partagés sur le premier gué où il fallait bien dessiner sa courbe pour aborder les strings et le numéro 15 qui convenait à certains chevaux en 5+3 foulées et d’autres en 6+3. Restait à faire les bons mariages. En fait et c’est logique, c’est surtout la montre qui a joué. Il y eu 6 maxis dont 4 tricolores aux chevaux méritants : Traumprinz, Utrillo du Halage, Quoriano et Troubadour Campoux.  Rien du coté  Jung, Price, McEwen ou Birton ! Merci les amis. C’est toujours ça de pris car comme la suite de l’épidémie est incertaine, celle de la saison sportive l’est aussi.
Le point avec Michel Asseray dans la suite (cp)

Le point avec Michel Asseray, Directeur Technique National en charge du concours complet

"Quand on entraîne l'équipe de France, on a toujours envie de gagner. Avec ce confinement, nous avions perdu un peu nos objectifs sans épreuve majeure. C'était un peu déstabilisant pour les cavaliers. Ce beau concours constitue une belle échéance qui permet de bien évaluer où on en est. Nous avions décidé de bien nous préparer pour ce concours, ce qu'ont fait les cavaliers. Au-delà de la victoire et des podiums, c'est la manière qui a été très intéressante. Les cavaliers ont maîtrisé leur sujet. Gagner au Grand Complet, ce n'est pas anodin. C'est un très beau terrain, vallonné. Au-delà des questions techniques posées par chef de piste Pierre Le Goupil qui est un surdoué. La satisfaction, c'est ça : c'est très bien monté, très bien couru donc ça remotive. On a pris un coup de boost. Avant, nous étions un peu en recherche d'objectifs. Maintenant, nous sommes gonflés à bloc. Tout le monde parle du calendrier à venir, tout le monde veut revenir dans un mois (pour la seconde étape du Grand National FFE, ndlr). Nous avions besoin de ces victoires.

Il y avait un vrai plateau. Les cavaliers étrangers qui étaient là ne sont pas venus visiter le haras. Ce sont des gens qui ont du talent, des chevaux, quasiment des n°1 pour tous, donc on savoure. La prochaine échéance est en septembre ici même, puis en octobre avec trois week-ends de suite à Lignières, Le Lion d'Angers et Pau. La France s'est bien battue pour maintenir des compétitions internationales et on veut aider les organisateurs français comme les cavaliers étrangers. On va essayer de finir la saison comme ça. On va croiser les doigts pour que les Jeux Olympiques puissent avoir lieu parce que quand on voit le résultat aujourd'hui, je ne vais pas dire que nous avions une équipe olympique mais c'était une belle équipe et ça donne envie. Et puis il y a de l'émotion parce qu'on pense à Thaïs, et cette victoire est pour elle."