Michel Asseray : « Nous avons hâte d’entrer dans la compétition »

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Entre le village olympique et l’Equestrian Park depuis le 21 juillet, l’équipe de France de concours complet entrera dans la course aux médailles ce jeudi, à Tokyo, lors de la 1ère inspection des chevaux (9h30). Nul doute que les trois mousquetaires du sélectionneur national Thierry Touzaint : Karim Laghouag / Triton Fontaine (propriété de Philippe Lemoine, Guy Bessat, SARL Ecuries K. Laghouag et Camille Laffite), Christopher Six / Totem de Brecey (propriété de François et Juliane Souweine) et Nicolas Touzaint / Absolut Gold*HDC (propriété de la sarl Haras des Coudrettes), donneront le maximum pour décrocher une nouvelle médaille comme à Rio en 2016. (l'interview continue dans la suite)


Depuis une semaine, cavaliers, chevaux, grooms, staff fédéral ont adopté un nouveau rythme de vie et se préparent à affronter la concurrence. « Nous avons effectué 15 jours de stage avant Tokyo pour nous affûter et optimiser la condition physique des chevaux » explique Michel Asseray, DTN adjoint pour le concours complet. « Ce stage d’équipe de France a permis de mieux se connaitre. Toute l’année, les cavaliers concourent individuellement. Aux Jeux olympiques, on leur demande de courir pour l’équipe. C’est d’abord cette médaille que l’on vient chercher. Et si l’un d’entre- eux, ou plusieurs, se positionne(nt) ensuite pour une médaille individuelle, alors bien-sûr on va la chercher. » ajoute le DTN adjoint.

Pour l’heure, l’équipe de France de concours complet peaufine sa stratégie et répète ses gammes sans se soucier de ses rivaux. « Si les allemands et les anglais s’annoncent comme les grands favoris, nous devrions pouvoir terminer dans les 5 ou 6 premières équipes à l’issue du dressage. » déclare Michel Asseray.
Aujourd’hui, pour la première fois, les cavaliers et le staff fédéral se rendaient à Sea Forest, à environ 25 km de l’Equestrian Park, site réservé à l’épreuve reine de la discipline : le cross-country, avec la ville et la baie de Tokyo en toile de fond. Un lieu qui nécessitera une logistique conséquente pour transporter les chevaux et les grooms qui devront y passer la nuit avant la compétition. Au programme pour les quelques 60 couples en lice : un parcours de 23 obstacles naturels réparti sur une distance de presque 4,5 km. « C’est un terrain assez exigeant et vallonné. Le physique des chevaux va être sollicité dès les premières minutes » annonce Thierry Touzaint. « Ce cross ressemble plus à celui d’un format court que d’un format long, dans le sens où les obstacles sont rapprochés et qu’ils mettent plus souvent les chevaux à l’effort. La difficulté va donc être de réaliser de bons chronomètres. » explique le sélectionneur. Se positionner en embuscade, miser sur les qualités de saut des trois chevaux tricolores pour le cross et le saut d’obstacles, pourraient bien compter dans la tactique du stratège Thierry Touzaint. En attendant, la cavalerie tricolore est remontée à bloc et ne compte pas se laisser intimider par ses rivaux. « Nous avons hâte d’entrer dans la compétition. » conclut Michel Asseray.

Aux petits soins pour les athlètes équins
Les trois chevaux des Bleus sont dans une forme… olympique. Et ça tombe bien ! « Nos chevaux effectuaient leur premier vol. Ils ont très bien voyagé. A leur arrivée, nous avons effectué un bilan sanguin complet dès les premières heures qui s’est révélé tout à fait positif » déclare Xavier Goupil, vétérinaire de l’équipe de France de concours complet.
« Sur le site, les chevaux bénéficient d’installations exceptionnelles et de grand confort. S’agissant du climat, chaud et humide, nous savions à quoi nous attendre. Nous avons donc choisi d’acclimater nos chevaux à court terme, c’est-à-dire sur une période 3 à 5 jours. Cela s’obtient en arrivant d’entrée avec des chevaux en pleine forme, très bien préparés, environ 8 jours avant l’épreuve. Pour autant, malgré un très bon entrainement, il peut arriver que les chevaux ne supportent pas bien le changement brutal de température à l’instar de Birmane (Thomas Carlile) » détaille le vétérinaire. Restait à gérer le choc thermique et hydrométrique. « Les chevaux sont physiologiquement plus adaptés au froid qu’à la chaleur qu’ils produisent déjà eux-mêmes par leur masse musculaire importante et leur nature herbivore. Nous contrôlons chaque jour leur température matin et soir et sur le site. Parallèlement, ils bénéficient de zones de rafraichissement, de brumisateurs, d’eau en abondance, de glace… permettant de les refroidir très rapidement et efficacement. » précise Xavier Goupil.
A l‘approche des épreuves, le maintien de leur condition physique a son importance. « Comme ceux des autres nations, nos chevaux ont effectué un petit galop de récupération trois jours après leur arrivée à Tokyo pour les soumettre aux conditions climatiques. Maintenant, nous travaillons la technique comme le dressage. Ils découvrent leur nouvel environnement, ils se familiarisent avec le stade. » avant de conclure « nos chevaux sont prêts physiquement et bien affutés ».